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Anniversaire accords d'Helsinki : Déclaration commune de Die Linke et du PCF

Déclaration commune de Katja Kipping et Bernd Riexinger, présidents de DIE LINKE et de Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français (PCF), à l’occasion du 40e anniversaire de la signature de l’Acte final d’Helsinki le 1er août 1975.

L’Acte final d’Helsinki constitue une étape décisive de l’histoire d’après-guerre en Europe. Aujourd’hui, 40 ans plus tard, nous en mesurons l’importance historique dans un contexte plus vaste. Quelles que soient les différences d’approche ayant conduit les parties concernées à engager les négociations et à signer ce document, prévalait néanmoins l’idée que la poursuite de la politique de confrontation comportait le risque de passer de la guerre froide à une guerre „chaude“ et de déclencher une catastrophe nucléaire. La reconnaissance de l’inviolabilité des frontières et de l’intégrité territoriale des Etats, le renoncement à la menace et à l’emploi de la force et le règlement pacifique des différends, la non-ingérence dans les affaires intérieures d’autres Etats, le respect des droits humains et des libertés fondamentales, l’égalité des droits et le droit d’autodétermination des peuples  étaient des principes sur lesquels reposait la politique de détente. Ils constituaient les fondements des mesures destinées à faire naître la confiance  et des négociations de désarmement, ils contribuèrent également en fin de compte aux changements pacifiques dans les pays du socialisme d’État.

Aujourd’hui, il nous faut constater que tous les espoirs de voir disparaître les dangers de guerre en Europe avec la fin de la confrontation des blocs se sont avérés illusoires. Quelques d’années plus tard, des guerres ont déjà ravagé l’ancienne Yougoslavie avec une cruauté inimaginable. L’OTAN intervient partout dans le monde et de plus en plus souvent au mépris du droit international et en contournant les institutions internationales. L’Union européenne se militarise. En Ukraine, un conflit sanglant fait rage qui échappe jusqu’à présent à tous les efforts de médiation. Ceci est aussi le résultat du fait que les principes d’Helsinki ne sont plus respectés et suivis avec le même esprit par tous et vis-à-vis de tous. L’OSCE ne se voit pas attribuer le rôle qui pourrait et devrait lui revenir.

La construction d’un système de sécurité collective en Europe est une nécessité historique négligée depuis trop longtemps. Cet acquis du processus de la CSCE selon lequel on ne garantit sa propre sécurité qu’à partir du moment où son adversaire véritable, potentiel ou anticipé, peut lui-même se sentir en sécurité, a été  négligé de manière impardonnable et remplacé par une relance de la confrontation entre puissances. Nous affirmons avec force que l’OTAN est une partie du problème. Son obstination à maintenir une alliance militaire  affaiblit considérablement l’idée d’un espace de paix s’étendant de Vancouver à Vladivostok qui était à la base de l’Acte Final d’Helsinki, c’est la pensée militaire qui a repris le dessus, à Washington, à Moscou et aussi dans les capitales européennes. L’Europe n’a pas su assurer durablement la paix sur notre continent.

C’est pourquoi nous appelons tous les gouvernements européens à se souvenir des principes de l’Acte final d’Helsinki et à développer à partir de ces principes une nouvelle politique de détente qui puisse enfin faire disparaître les conflits armés et la menace nucléaire de notre continent. Le but doit être de créer un espace de sécurité collective et de coopération pour l’Europe entière incluant la Russie.

 

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